Spécialités russes - KAPITELMAN Dmitrij

Couverture Spécialités russes

À Leipzig, en Allemagne, une famille juive d'origine ukrainienne tient une boutique de spécialités russes. Vodka, pelmeni et cartes SIM se côtoient dans un joyeux bazar. Mais, depuis l'invasion russe en Ukraine, les choses se tendent entre Dmitrij, le narrateur et sa mère. Cette dernière, fascinée par la propagande de Poutine, semble avoir perdu tout sens critique. Il décide de se rendre à Kiev et de s'improviser "reporter de guerre" afin que sa mère ouvre les yeux. Un roman tragi-comique prodigieux qui évoque tout à la fois le sentiment d'appartenance à une langue, la nostalgie, la montée de l'extrême droite et l'amour mère-fils.

Biographie de l'auteur
Dmitrij Kapitelman est né en 1986 à Kiev, il est arrivé en Allemagne avec sa famille à l'âge de huit ans en tant que « réfugié de contingent ». Il a étudié les sciences politiques et la sociologie à l'université de Leipzig et a suivi l'école allemande de journalisme à Munich.
"Spécialités russes" a été nominé pour le Prix du livre allemand, ses rapports et ses essais sont souvent politiques, narratifs et humoristiques à la fois.

Date première édition: janvier 2026

Editeur: Denoël

Genre: Roman

Mots clés :

Notre avis : 8.50 / 10 (2 notes)

Enregistré le: 09 février 2026



Marinette
Appréciation de lecture
Spécialités russes
Appréciation : 9 / 10
Commentaire #2 du : 13 mars 2026
Leipzig, ville d’Allemagne de l’Est est le théâtre de ce court roman. Là, où a émigré une famille juive ukrainienne russophone, lors de la chute de l’URSS, et où elle a ouvert une « épicerie » de produits russes, qui n’est pas sans me rappeler le magasin Ararat d’Orléans.

J’ai été très touchée par ce récit personnel, tant par le thème que l’écriture. Le narrateur est le fils de cette famille. S’y côtoient humour, nostalgie, amour familial, incompréhension de cette absurde guerre, témoignages des endoctrinements et paradoxes de part et d’autre. Mais surtout un sentiment d’appartenance à la langue russe, inhalée, fil rouge du roman, au moment où certains Ukrainiens bannissent cette langue et se réapproprient la leur.

La 2ème partie est le récit du voyage en Ukraine du narrateur. « Mais le plus terrible, ce sont les immeubles réduits à une multitude de moignons de pierre. On dirait qu’une main géante placée au-dessus de la ville a arraché la vie de manière aléatoire ne laissant derrière elle que des racines désolées. »

Coup de coeur.
Mon ressenti 9/10, parce que j’aurais voulu que ce soit plus long !
Gislaine
Appréciation de lecture
Spécialités russes
Appréciation : 8 / 10
Commentaire #1 du : 09 février 2026
Le roman "Spécialités russes" raconte l'impossibilité de se comprendre, le narrateur et sa mère, depuis la guerre en Ukraine.

La mère de l'auteur est née en Sibérie. Alors qu'elle avait 3 ans, la famille (juive et russophone) est allée vivre en Moldavie. Ensuite, elle est allée étudier à Kyiv (Kiev). Elle se marie, son fils (le narrateur/auteur) voit le jour en 1986 à Kyiv (capitale de l'Ukraine).
En 1994, la famille s'exile à Liepzig (Allemagne). L'auteur a 8 ans. Son père physicien est devenu magasinier et la famille ouvre une épicerie de spécialités russes, très fréquentée par les Nachi (européens de l'Est) : Vodka, poissons, carte SIM, bière, caviar, saucisses, matriochka… en fait les produits venaient d'Ukraine ou de Pologne !

Dans cette histoire autobiographique douce-amere, l'auteur nous embarque, parfois avec humour, dans des souvenirs et réflexions de la vie quotidienne. Mais lorsque la guerre est déclarée à l'Ukraine en 2022, les idées pro-poutine choquent, tout comme les mensonges de la télé russe que regarde sa mère.
Parler russe avec des Ukrainiens (qui réapprennent leur langue d'origine) est une honte, voir un crime.
Le cocon de l'épicerie vole en éclat, l'invasion russe divise et il est préférable de ne plus parler sa langue maternelle qui devient la langue de l'ennemi.

Devant toutes ces contradictions, et dans le but de sortir sa mère de ses mensonges, l'auteur décide de retourner en Ukraine pour dissuader sa mère "de la nostalgie de ce qui n'a jamais existé" (sauf peut-être la cuisine...)

En Occident, on a du mal à comprendre comment on peut tomber à ce point dans la propagande de la Russie.

Un roman qui aborde une thématique grave.

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